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Les temps forts de l’American Society of Hematology 2009
Les nouvelles associations à l’honneur dans le myélome
Le congrès annuel de la société américaine d’hématologie (ASH) vient de s'achever à La Nouvelle-Orléans. Il s’agit de la plus importante réunion internationale sur les maladies du sang où se retrouvent chaque année plus de 20 000 hématologues du monde entier pour s’informer et partager les dernières avancées de la recherche dans ce domaine. Beaucoup d’hématologues français contribuent aux progrès réalisés dans cette discipline, notamment dans le cadre de la prise en charge du myélome. Nous avons interrogé le Professeur Thierry Facon de Lille sur les principales informations sur cette maladie rapportées à ce congrès.
Sujets jeunes, une nouvelle option thérapeutique en induction
Lors de ce congrès de l’ASH 2009, l’association bortézomib (Velcade®) et dexaméthasone (protocole appelé VD) a confirmé son intérêt dans le traitement d’induction avant l’autogreffe, et l’Intergroupe Francophone du Myélome (IFM) a rapporté les résultats encourageants d’une étude (IFM 2007-02) ayant comparé ce protocole, le standard actuel de traitement d’induction à un protocole associant thalidomide, bortézomib (à dose légèrement réduite par rapport à la dose habituellement utilisée) et la déxaméthasone (un protocole appelé vTD). «L’IFM a démontré que le vTD est plus actif, poursuit le Pr Facon, et mieux toléré que l’association VD, sachant que l’on avait choisi des doses de Velcade® et de thalidomide un peu réduites par rapport aux doses habituellement utilisées. Cette combinaison, qui avait déjà été testée en Italie, représente une très bonne induction avant autogreffe et c’est vraiment la principale information du congrès en ce qui concerne le traitement des malades les plus jeunes».
Les résultats d’une autre association ont été rapportés durant le congrès, ceux concernant l’association bortézomib (Velcade®), lénalidomide (Revlimid®) et dexaméthasone (un protocole appelé VRD). Les taux de très bonne réponse partielle (pic réduit d’au moins 90 %) obtenus après quelques cycles de traitement sont d’environ 70 %, «ce qui fait potentiellement de cette combinaison quelque chose d’important pour l’avenir qui devra être confirmé dans le cadre d’une étude comparative», conclut le Professeur Facon.
Sujets âgés, les nouvelles associations en première ligne
«Le fait marquant au congrès de La Nouvelle-Orléans dans la prise en charge des malades non éligibles pour l’autogreffe, continue le Professeur Facon, a été la présentation des résultats d’un protocole visant à évaluer et utiliser au mieux l’association des nouvelles molécules, bortézomib (Velcade®) et thalidomide».
Dans une large étude espagnole, deux protocoles ont été comparés directement, l’association melphalan, prednisone, bortézomib (Velcade®) (MPV) à l’association thalodimide, prednisone, bortézomib (Velcade®) (TPV). Dans cette étude, le bortézomib était utilisé à partir du 2ème cycle de traitement, à un rythme d’une seule injection par semaine afin d’évaluer si cela permettait d’en améliorer la tolérance.
«Ce protocole MPV s’est avéré très intéressant tant par son efficacité que par sa tolérance. Les effets secondaires neurologiques ont été très réduits avec moins de 5 % de neuropathies sévères. Ce nouveau schéma d’administration du Velcade® moins contraignant pour les malades, associé au melphalan, prednisone pourrait devenir un protocole de référence chez les sujets âgé», affirme le Pr Facon.
Autre combinaison de traitement ayant fait l’objet de résultats à l’ASH, celle concernant l’association du lénalidomide (Revlimid®) au melphalan et à la prednisone. Celle-ci a été évaluée comparativement à l’efficacité de l’association melphalan et prednisone dans le cadre du traitement de 1ère ligne de malades âgés non candidats à l’autogreffe. « A ce jour, l’analyse de cette nouvelle stratégie en première ligne de traitement est difficile car le recul est encore insuffisant, explique le Pr Facon. Quant au traitement d’entretien par Revlimid®, on peut considérer que les données sont potentiellement intéressantes ».
En ce qui concerne la troisième combinaison d’une nouvelle molécule associée au melphalan et à la prednisone, celle utilisant le thalidomide, 6 études européennes regroupées ont permis de confirmer que cette triple association donnait un avantage net en terme de réponse et de survie ; il retarde la rechute, par rapport au protocole MP seul. Ces données confirment donc avec un long suivi la place du MPT comme traitement de référence des patients les plus âgés.
Les médicaments futurs étudiés en rechute
Deux molécules pourraient être à la disposition des médecins dans les 2 à 3 ans qui viennent pour traiter les myélomes en rechute. Il s’agit d’une part du carfilzomib, un nouveau médicament de la famille du bortézomib (Velcade®) et d’autre part du pomalidomide, de la famille du thalidomide et du lénalidomide (Revlimid®), dont 2 essais vont débuter en France, conduits par l’IFM, en association à la dexaméthasone. «Ce qui est intéressant avec le carfilzomib et le pomalidomide, termine le Pr Facon, c’est qu’ils semblent parfois efficaces chez des malades qui résistaient jusque-là à des médicaments de la même famille».
Dr Marion Meney
18-12-2009











