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Traitement du myélome multiple
Avancées thérapeutiques récentes
Des traitements de première ligne de plus en plus efficaces, c’est l'une des conclusions de la 11ème édition du International Myeloma Workshop IMW, qui s’est tenu en Juin dernier à Kos, en Grèce, et qui a réuni l'ensemble des chercheurs et des spécialistes du myélome venus du monde entier.

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Ces progrès sont les résultats d’une recherche thérapeutique très active dans le myélome avec l’apparition de nouvelles molécules qui apportent des changements notables dans les standards de traitement de cette maladie.

Borté
zomib-dexaméthasone, nouveau standard de traitement d’induction
Les dernières données de la recherche laissent présager que les stratégies de traitement des patients les plus jeunes, moins de 65 ans, vont rapidement évoluer dans les années qui viennent, et pour ces patients l’autogreffe pourrait ne plus être le traitement de référence.
En effet, l’utilisation en traitement d’induction avant autogreffe de l’association bortézomib (Velcade®) et dexaméthasone donne aujourd’hui un taux de réponse très supérieur au classique VAD (Vincristine, Adriamycine, dexaméthasone), si bien que le principe même de l’autogreffe en première ligne, qui avait pourtant permis de doubler la survie des malades, pourrait être remis en question.


MPT (Melphalan, Prednisone, Thalidomide) détrône MP
Pour les patients plus âgés, le congrès de Kos a confirmé le bénéfice de l’association MPT, et la récente autorisation temporaire d’utilisation (
ATU) de cohorte, accordée en France pour le thalidomide, en association avec le traitement de référence Melphalan Prednisone chez les patients de plus de 65 ans, va faciliter l’accès des malades français à ce traitement.

« Ce sont les résultats de deux grands essais de l’IFM (IFM 99 06 et IFM 01 01) qui ont permis cette décision des autorités françaises, témoigne le Professeur Philippe Moreau, président de l’IFM (Intergroupe Francophone du Myélome). Nous avons en effet montré que l’association MPT  est supérieure à MP. Le dépôt d’AMM auprès des instances européennes a été fait par le laboratoire qui commercialise le thalidomide. La réponse est attendue en fin d’année. »
Cette association MPT sera indiquée chez les patients de plus de 65 ans. En outre, l’étude de l'IFM présentée à Kos par le Dr Cyrille Hulin de Nancy, montre que chez les patients les plus âgés, de plus de 75 ans, la survie moyenne passe de 27 mois à 45 mois quand le thalidomide est associé au MP.
 
AMM pour le lénalidomide
Après l’AMM du bortézomib
(Velcade®) en 2004-2005, c’est aujourd’hui une autre molécule nouvelle qui pourra être utilisée pour les malades français. Le lénalidomide, ou Revlimid®, a obtenu une AMM depuis mi-septembre 2007, en association avec la dexaméthasone. Cette autorisation concerne les myélomes en rechute. Dès la première rechute, le lénalidomide peut être prescrit, associé à la dexaméthasone. L’efficacité de cette association, 60% de réponse contre 20 % avec la dexaméthasone seule, justifie cette AMM malgré le coût élevé du traitement par lénalidomide (4000 € par mois).

La dexaméthasone à faibles doses
Autre étude marquante présentée au congrès de Kos par une équipe américaine, celle qui a montré que les fortes doses de dexaméthasone augmentent les effets secondaires sans apporter de bénéfice en terme d’efficacité par rapport aux faibles doses, dans une association avec le lénalidomide chez des patients nouvellement diagnostiqués, tout âge confondu. La survie à 2 ans est en faveur des faibles doses.

De nouvelles associations de traitement à l’étude

Dans le domaine des études menées pour évaluer de nouveaux traitements ou des stratégies thérapeutiques plus performantes, les 2 grands groupes francophones de médecins spécialisés dans la prise en charge du myélome, l’IFM (Intergroupe Francophone du Myélome) et le  MAG (Groupe myélome-autogreffe) se sont regroupés pour mettre en place un protocole conjoint. Cette collaboration illustre le dynamisme de la recherche française et le souci des médecins impliqués dans ces groupes de faire bénéficier les malades le plus rapidement possible des avancées thérapeutiques.
« Il s’agit d’un grand essai international, poursuit le Pr Moreau, qui va inclure 1500 malades et comparer l’association MPT, notre traitement de référence chez les patients de plus de 65 ans au moment du diagnostic, à l’association lénalidomide et dexaméthasone. Ce travail est piloté par 2 centres français, l’un à Lille avec le Pr Thierry Facon, l’autre à Tours avec le Dr Lotfi Benboubker. C’est une étude de grande importance car elle va permettre de définir le standard de traitement du myélome en première ligne, en dehors de la greffe, chez les personnes de plus de 65 ans. »

                                                                                                                                                                                                                           
Dr Marion Meney


Date de publication : 02-10-2007