Traiter le myélome
Comment se traite le myélome ?
Le traitement par chimiothérapie
L’objectif du traitement médicamenteux, appelé chimiothérapie, est de freiner la maladie et de la mettre sous contrôle. Il n’y a pas de médicament actuellement capable de guérir définitivement le myélome, mais la chimiothérapie permet d’obtenir une rémission des symptômes de la maladie, ce qui signifie qu’il n’y a plus de signe d’activité du myélome.
A partir du moment où un myélome est évolutif ou menaçant, la chimiothérapie est à peu près toujours incluse dans le traitement. La chimiothérapie utilise des médicaments anticancéreux, dits « cytotoxiques » qui circulent dans le sang et ont une toxicité particulière pour les cellules cancéreuses qu’ils vont détruire ou les empêcher de se multiplier. Selon les molécules, les traitements peuvent être administrés par voie veineuse, ou sous forme de comprimés à prendre par la bouche.
Traitement des malades de plus de 65 ans, les protocoles MPT ou MPV
Depuis les années 70, le traitement chimiothérapique, longtemps resté le traitement de référence du myélome, était le schéma dit d’Alexanian, qui associe par voie orale du melphalan (Alkeran®) et un corticoïde, la prednisone (Cortancyl®). Cette chimiothérapie est bien tolérée, elle ne provoque ni aplasie profonde, ni de chute de cheveux (alopécie), ni de troubles digestifs, comme les nausées ou les vomissements. Ce traitement est encore la base du traitement de référence en « première ligne » chez les malades de plus de 65 ans chez lesquels on vient de diagnostiquer un myélome qui représentent les deux tiers des patients. Avec ce schéma MP prescrit par cures toutes les 6 semaines sur une durée de 12 à 18 mois, la durée de rémission de la maladie était généralement inférieure à 18 mois, puis la maladie réapparaissait.
Aujourd’hui, la durée de rémission est allongée par l’association au long cours avec le thalidomide ou le bortézomib qui agissent différemment sur le myélome et renforce l’effet du MP. Les protocoles MPT (Melphalan, Prednisone, Thalidomide) ou MPV (Melphalan, Prednisone, Velcade®) sont aujourd’hui les traitements de référence chez les malades de plus de 65 ans. Ces associations nécessitent parfois de prendre un traitement préventif contre les thromboses (aspirine ou héparine).
Lors de la rechute, de nouvelles cures de traitement seront prescrites. On parle alors de traitement de « deuxième ligne ». Ainsi, le traitement d’un myélome alternera des phases de traitement actif avec des phases de surveillance de la rémission. Ces protocoles ne nécessitent pas d’hospitalisation, le malade étant simplement suivi en consultation, voire en hôpital de jour.
Traitement des malades de moins de 65 ans, la fin du protocole VAD ?
Le traitement de référence en première ligne des malades de moins de 65 ans, est aujourd’hui l’intensification avec autogreffe de cellules souches, précédée par une chimiothérapie pour réduire la prolifération tumorale. Il s’agissait classiquement du VAD (Vincristine, Adriamycine et Dexaméthasone) ou du C-VAMP, associant cyclophosphamide, vincristine, adriamycine et la méthylprednisolone. Aujourd’hui, les nouvelles données de la recherche offrent d’autres possibilités de chimiothérapies pour préparer à l’autogreffe, comme l’association de dexaméthasone et de bortézomib (Velcade®) qui est devenue le traitement de référence en première ligne en préparation de l'autogreffe. Ces chimiothérapies sont administrées par voie veineuse imposant un court séjour à l’hôpital et elles génèrent quelques effets indésirables qui sont accessibles le plus souvent à un traitement. Votre médecin pourra également vous proposer de recevoir cette chimiothérapie par voie veineuse centrale. La mise en place d’un cathéter central pour la durée du traitement (3 à 5 cycles) permet de ne pas abîmer les veines périphériques.
Les chimiothérapies sont préparées le plus souvent à la pharmacie centrale de l’hôpital, directement dans la poche de perfusion, et envoyées dans le service ou l’hôpital de jour pour administration au malade. Une vérification de la prescription du médecin s’effectue à tous les niveaux pour une sécurité totale des patients.
Les lignes de traitement
Traitement de première ligne = premier traitement après le diagnostic
Traitement de deuxième ligne = traitement après une rechute
Traitement de troisième ligne = traitement après deux rechutes
Traitement de deuxième ligne = traitement après une rechute
Traitement de troisième ligne = traitement après deux rechutes
Traitement des rechutes
Lors des rechutes de la maladie, la chimiothérapie est reprise, et les médecins disposent aujourd’hui de plusieurs traitements : thalidomide, bortézomib (Velcade®) et lénalidomide (Revlimid®). Ils peuvent être associés aux chimiothérapies conventionnelles et entre eux. En effet, ils agissent différemment sur le processus de la maladie et peuvent être complémentaires, potentialisant ainsi leurs effets pour apporter de nouvelles réponses, de nouvelles rémissions.
Grâce à ces nouvelles stratégies de traitement du myélome, le myélome devient une maladie chronique, que l’on ne peut pas encore guérir définitivement, mais qui peut être traitée 2, 3, 4, 5 fois, repoussant de plus en plus l’échéance de la maladie.
Dr Marion Meney
Date de publication : 02-10-2007
Mise à jour : 24-06-2010












